Les dessous de la tentative de démission du ministre de la Justice étouffée dans l'œuf‏

Le ministre de la Justice, Me Christian Sow, s'est finalement abstenu de rendre le tablier. Entre l'annonce de la rumeur prédisant son départ du gouvernement et sa dernière sortie médiatique, des tractations de dissuasion auraient été menées dans ce sens. Votre quotidien Guinéenews© tente de décrypter les dessous d'une tentative de démission étouffée in extremis dans l'œuf.

Le ballet diplomatique s’y invite

Lorsque la rumeur a été propagée mardi midi dans tout Conakry ou presque, une question revenait sur tous les esprits : Est-ce une vraie fausse démission ou une fausse vraie démission ?

Sur ce, un proche collaborateur du ministre coupe court aux tergiversations. " Il avait vraiment l'intention de démissionner. Il s'est ouvert à des proches. Il en a parlé en réunion. Un texte a été même rédigé dans ce sens mais la mèche a été vendue avant l’acte ", a-t-il confié.

Un autre témoin qui dit avoir été jusqu'à la Primature pour déposer la lettre de démission rajoute. « Le ministre a justifié sa démission en arguant des raisons de santé. Cela ne convainquait pas certains parmi nous, mais c’est la raison évoquée », a-t-il fait remarquer.

Mais contrairement au témoignage précédent, une autre source soutient que la lettre de démission du ministre Christian Sow aurait bel et bien atterri à la Primature. « Quand la nouvelle a été portée au chef de l’État, celui-ci a refusé », a confié un autre proche du ministre.

Une troisième source s’invite à la danse. « Quand sa lettre de démission a été déposée, le ministre a boudé le conseil interministériel pour regagner son domicile », a-t-elle fait savoir.

Les raisons de la démission

Pour désamorcer la crise, des sources bien informées disent que le ministre de la Justice aurait eu un tête-à-tête avec le chef de l’État dans la soirée de mardi pour laver le linge sale en famille. Et ce n’est pas fortuit quand Me Christian Sow a confié en exclusivité hier mardi à Guinéenews© que « l’affaire est réglée ».

Mais ce qui a le plus contribué à l’accréditation de la rumeur, ce sont les éléments disponibles. On cite entre autres l’ingérence de l’exécutif dans le dossier du 19 juillet 2011, la lenteur accusée dans l’affaire du 28 Septembre 2009 et les propos du chef de l’État qui a récemment qualifié la justice guinéenne de pourrie. « Le ministre se sent humilié », dit-on.

Outre ces éléments, d’autres facteurs ont entretenu la suspicion. C’est par exemple l’absence notoire du ministre Sow au conseil interministériel de mardi et la fermeture de ses téléphones, alors qu’il était sollicité. Des détails insignifiants, certes mais qui valent tout, estiment les observateurs. Mieux, au lieu de démentir la rumeur, le chargé de communication du ministre Me Ibrahima Béavogui, n’a ni confirmé, ni infirmé. Il a même promis une conférence de presse le lendemain (mercredi 25 juillet, ndlr) à 9 heures.

Pourtant, en pareilles circonstances, Me Ibrahima Béavogui aurait dû utiliser la rhétorique officielle connue. « Nous démentissions formellement et catégoriquement avec la dernière énergie ».

Les leçons à en tirer

Ces genres de menace de démission ne sont pas les premières sous la nouvelle gouvernance. Car, faut-il se souvenir, quand le général Mamadouba Toto Camara s’est senti lésé dans le gouvernement, il avait menacé de rendre le tablier. Les jours suivants, il a été élevé au rang de ministre d’État de la sécurité.

Mieux, lorsqu’on veut démissionner, la méthode François Loucény Fall est connue de tous. On profite d’une visite à l’étranger pour annoncer
sa démission, disent les observateurs avertis.
Abdoulaye Bah
Conakry, Guinée
224.62.14.15.09

Merci de votre visite, revenez quand vous le voulez.
Contact mail: alfa_ousmane@yahoo.fr

Commentaires